Revenir à la maison…

maria-vieira

Maria Vieira

Se voir à travers le regard des êtres chers et prendre le temps de récolter, de recueillir paroles et histoires de vie.

Nous étions une trentaine de personnes réunies dans un cercle à écouter Rémi Tremblay nous parler du bonheur, de son parcours de vie et à méditer. Rémi a évoqué le retour à la maison alors que je faisais référence aux sources de l’enfance et le désir de consacrer du temps pour une recherche universitaire sur les contes. Comme un retour aux effluves d’une source à laquelle je m’abreuvais sans voir le temps passer et qui conjuguait relation et apprentis-sages.

En effet, jeune, j’adorais passer mes samedis après-midi en compagnie de livres, d’histoires, pour découvrir de nouveaux mondes, à la bibliothèque municipale. Sitôt les obligations de ménage terminées, du haut de mes 9-10  ans, je m’y dirigeais avec bonheur. Lieu de silence et d’écoute des livres, je comprends Christian Bobin lorqu’il dit :  « Les livres agissent même quand ils sont fermés. » Au milieu des livres, je passais des heures. J’en oubliais le temps.

Un autre moment où le temps devenait suspendu était celui où je traversais de la bibliothèque vers la résidence des personnes âgées. Une visite au pays des histoires vivantes, à un rythme dicté par le coeur. D’une porte à l’autre, l’ouverture!

Des histoires extraordinaires de vieilles dames. L’histoire des livres s’alimentait d’histoires réelles.

Je revenais riche d’un parcours emprunté à des millénaires par les contes et la littérature, et à celles de dizaines d’années de dames qui m’apprenaient la beauté du temps présent. Dès que la parole était entendue et le dialogue entamé, les fêtes, les célébrations, les souvenirs évoqués prenaient immédiatement vie. Pleine de sourires, de douceurs, je les voyais rayonnantes jusque dans leur tristesse. Le temps précieux de nos échanges rendait ces moments intemporels.

1 L’expression Revenir à la maison m’est venue de Rémi Tremblay alors  que j’étais dans un Symposium sur le Bonheur.

Ce que j’ai appris …

J’ai compris, beaucoup plus tard, que l’écoute mutuelle générait une expérience amenant des gestes de don du coeur. Une attention à ce qui est là, tout près, dans l’environnement. Une présence à soi et à l’autre. Un visage plein de mystère. Cette compréhension n’est venue que des dizaines d’années plus tard.

Après avoir vécu des cercles de dialogue avec Thierry Pauchant en 1997 et en 2001, mis sur pied des espaces de parole avec les Cafés mortels, animé des groupes de personnes endeuillées et suivi deux formations au Massaschusetts Institute of Technology sur la théorie du U de Otto Scharmer et participé à des centaines d’heures de focusing. Est-ce étonnant si, aujourd’hui, je créé des cercles de présence, dont un avec des personnes vivant des transitions (proche aidante, deuil, perte d’emploi, retraite)?

Quel lien entre ce souvenir de jeune fille de 9-10 ans et aujourd’hui?

Un fil conducteur, le besoin de comprendre et de faire sens. Des valeurs héritées de mes parents, immigrés des Açores et venus s’enraciner au Québec. Et faire preuve de gratitude pour tout ce que l’argent ne peut acheter : amour, amitié, générosité, santé, silence, intériorité et observer la nature, riche en enseignements.

À l’heure où le regard se ferme pour quitter la vie et embrasser la mort, ces mêmes gratitudes reviennent.

Alors que j’accompagne des gens en fin de vie, ce même lien demeure : être présent dans le moment qui se vit, pleinement là. La vie reste bien ancrée jusqu’au seuil  de la mort.

Alors, j’ai fait la promesse depuis la mort accidentelle d’un ami, de vivre ma vie comme si c’était la dernière journée. Nourrir les relations amoureuses, amicales, familiales. Créer des souvenirs et revenir à soi, dans la parole à l’autre.

Cette parole venue de notre « source d’être » comme le dit si bien, Richard Moss.

Ralentir, se déposer pour mieux avancer… pour décider en toute conscience …
Une valeur importante pour l’écologie humaine!

Une écoute ensemble dans le U

Les cercles de présence demandent un engagement : une présence et une ouverture. Un engagement envers soi et le groupe. Des règles simples s’appliquent afin de permettre une écoute en profondeur.

Cette écoute avec suspension de jugement, lien avec le coeur, l’esprit et le corps amène un état propice à faire émerger l’innovation, la création, en contact avec l’environnement.

Selon la méthode de la théorie du U de Otto Scharmer, dont voici l’illustration, traduite par Génération Présence©:

second-souffle-maria-processus-en-u

Information sur les prochains cercles de présence qui seront animés tous les mois à partir de janvier 2017.
mariavieira@videotron.ca 514 292.3874

 

2 Comments

  • Monik Beauchamp dit :

    Quelle inspirante approche! Je suis depuis un an à ma retraite et j’ai le désir de re-traiter ma vie autrement. Aller au coeur des choses. J’aimerais connaître votre démarche et pourquoi pas participer aux cercles de présence. Faites-moi part de vos coordonnées où ça se passe ainsi de suite.
    Au plaisir de vous rencontrer,
    Monik

  • Natalia Théoret dit :

    Bonjour Monik !
    Voilà les coordonnées de Maria.
    mariavieira@videotron.ca
    514 292.3874

    AU plaisir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • Natalia Théoret dit :

    Bonjour Monik !
    Voilà les coordonnées de Maria.
    mariavieira@videotron.ca
    514 292.3874

    AU plaisir !

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    -->